Agression à l’école Clément-Roassal de Nice : la suspecte déférée ce mercredi, le parquet réclamera sa détention
Publié : 9h09
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La mère de famille de 36 ans soupçonnée d’avoir agressé la directrice et une enseignante de l’école maternelle Clément-Roassal, à Nice, doit être présentée à la justice ce mercredi matin. Le procureur Damien Martinelli a annoncé mardi soir qu’il demanderait son placement en détention provisoire.Une information judiciaire doit être ouverte pour tentatives d’homicide sur une personne chargée d’une mission de service public, séquestration avec libération volontaire avant le septième jour, infractions à la législation sur les armes, détention de faux documents administratifs et tentative d’évasion.Les faits remontent à lundi, vers 9 heures. Cette mère, dont deux enfants fréquentent l’établissement, avait demandé à rencontrer la directrice en urgence. Selon les témoignages des victimes rapportés par le parquet, elle aurait évoqué des agressions sexuelles dont l’un de ses enfants aurait été victime.Dans le bureau, elle aurait braqué une arme de poing sur la directrice, l’aurait giflée à plusieurs reprises et lui aurait tiré les cheveux. Elle aurait ensuite pressé la détente en la visant, sans qu’un coup ne parte, tout en affirmant n’avoir que deux balles. Elle aurait également frappé la responsable au visage avec l’arme, avant de poser un couteau contre sa joue.Après environ une heure, elle aurait quitté le bureau et croisé une enseignante. Elle aurait renouvelé ses accusations, giflé cette seconde victime puis dirigé l’arme vers elle après l’avoir actionnée. Un médecin légiste a fixé l’incapacité totale de travail à un jour pour la directrice et à deux jours pour l’enseignante.Interpellée à son domicile, la suspecte a d’abord nié les violences en garde à vue. Lors d’une seconde audition, elle a reconnu être venue à l’école avec un couteau et une arme de poing qu’elle affirme avoir achetée deux jours auparavant.Elle explique avoir voulu effrayer les victimes après des propos de son enfant qui lui auraient fait suspecter des agressions sexuelles. Le parquet précise qu’aucune plainte ni aucun signalement antérieur n’avait été enregistré à ce sujet. Les éléments communiqués ne permettent pas d’établir ces accusations.La suspecte reconnaît avoir actionné l’arme plusieurs fois, mais assure qu’elle savait qu’elle était vide. Elle conteste avoir pointé le couteau vers le visage de la directrice, dit ne pas se souvenir de violences et a exprimé des regrets.Un enregistrement partiel de la scène a été retrouvé sur son téléphone. Selon le procureur, il tend à confirmer les déclarations des victimes. L’arme visible ressemble à un pistolet automatique. La directrice a indiqué qu’elle lui avait paru métallique.Cette arme reste introuvable. Les enquêteurs ont toutefois récupéré un couteau de type Laguiole et le coupe-vent porté pendant les faits dans la boîte aux lettres de la mise en cause. Plusieurs passeports ont également été découverts chez elle, dont certains pourraient être falsifiés.Le procureur confirme aussi qu’elle a tenté de s’échapper du véhicule de police lors d’un déplacement lié aux perquisitions. Cette tentative d’évasion fait partie des faits sur lesquels doit porter l’information judiciaire.Le parquet a par ailleurs précisé sa situation administrative. En séjour irrégulier en France, elle avait été éloignée vers la Tunisie en juin 2019, après une obligation de quitter le territoire français. Une interdiction administrative du territoire avait ensuite été prise en décembre 2019.Cette interdiction lui a été notifiée à l’issue d’une procédure pour aide à l’entrée irrégulière, dans laquelle elle a été condamnée en septembre 2023 à dix mois de prison avec sursis.Elle avait déjà été condamnée à Paris, en avril 2019, à dix mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve pour port d’arme de catégorie D, violences en réunion sans incapacité et violences avec arme sans incapacité.Depuis fin 2023, elle fait l’objet d’une assignation à résidence ministérielle, renouvelée cinq fois. Cette mesure comprend le retrait de son passeport et une obligation de pointage quotidien, actuellement respectée selon le parquet.D’après le communiqué, elle serait entrée en Italie en novembre 2020 et y aurait obtenu le statut de réfugiée en 2022. Le procureur mentionne également un suivi au titre de la radicalisation, sans préciser de lien avec les faits reprochés à l’école.Mère de quatre enfants, elle a la garde des deux plus jeunes et exerce seule l’autorité parentale sur eux, sur décision du juge aux affaires familiales. Le dernier, né à Nice en 2022, est de nationalité française.Enfin, Damien Martinelli a salué la maîtrise dont ont fait preuve la directrice et l’enseignante. Toutes deux seront accompagnées par une association d’aide aux victimes, en complément du soutien déjà engagé par l’Éducation nationale.
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