Cyberattaque : les frigos de centaines de supermarchés visés
Publié : 7h16
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Des centaines de supermarchés ont été touchés, dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre, par une cyberattaque visant leurs installations frigorifiques. Les pirates auraient modifié à distance leur fonctionnement, provoquant une hausse des températures et la destruction de produits frais et surgelés. Le groupement des Mousquetaires fait état de 300 magasins Intermarché et Netto affectés, un bilan supérieur aux premières estimations. Coopérative U annonce de son côté moins d’une centaine de points de vente concernés. Des magasins Leclerc ont également été signalés parmi les établissements touchés. L’attaque vise des systèmes de régulation du fabricant danois Danfoss. Ces équipements permettent de superviser à distance les installations et de contrôler leur température. Les cybercriminels auraient détourné la fonction de dégivrage pour la maintenir active en continu, avec une température de consigne fixée à 50 degrés. Cette valeur ne signifie toutefois pas que tous les meubles frigorifiques ont atteint cette température. Selon Danfoss, les dispositifs concernés sont anciens, ne bénéficient plus de mises à jour et étaient accessibles depuis Internet. Le fabricant affirme avoir recommandé depuis longtemps à ses clients de remplacer ces systèmes et de maintenir à jour les équipements encore pris en charge. Dans les magasins touchés, les conséquences varient selon l’heure de l’attaque et la rapidité de réaction des équipes. Certains salariés ont pu préserver une partie des marchandises. D’autres établissements ont dû jeter l’ensemble des produits présents dans les installations concernées. Intermarché et Netto assurent avoir retiré les produits concernés. Des cellules de crise ont été mises en place pour accompagner les magasins, rétablir les installations et organiser les réapprovisionnements.
Le parquet de Paris a confié les investigations à l’Office anti-cybercriminalité. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information intervient également pour identifier les entreprises exposées et échange avec ses homologues européens, d’autres pays pouvant être concernés. À ce stade, aucune demande de rançon ni aucun vol de données n’ont été signalés. L’enquête doit déterminer l’origine de l’attaque et les motivations de ses auteurs. L’hypothèse d’un sabotage est envisagée, sans attribution établie.
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