Émeutes en France : la sécurité renforcée avant la mobilisation de samedi

Publié : 20 octobre 2026 à 17h30

Émeutes en France : la sécurité renforcée avant la mobilisation de samedi
Émeutes en France : la sécurité renforcée avant la mobilisation de samedi
Crédit : Émeutes en France : la sécurité renforcée avant la mobilisation de samedi

Le gouvernement annonce un renforcement du dispositif de sécurité pour la nouvelle journée de mobilisation prévue samedi 24 octobre. Après les violences et les pillages du week-end, Sébastien Lecornu promet davantage de moyens et de réactivité. Des couvre-feux sont également reconduits ou instaurés dans plusieurs villes.Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a demandé aux préfets d’interdire les manifestations présentant des risques de troubles à l’ordre public lorsque les échanges avec les organisateurs ne permettent pas de garantir des conditions de sécurité suffisantes. Pour les rassemblements autorisés, il préconise des parcours éloignés des bâtiments publics et des rues commerçantes.Les préfets sont aussi invités à renforcer le renseignement, à prendre des mesures contre les regroupements dans les secteurs déjà touchés et à envisager des couvre-feux ciblés pour protéger les lieux les plus exposés.Des militaires de l’opération Sentinelle doivent assurer certaines missions de garde statique afin de libérer des policiers et des gendarmes pour le maintien de l’ordre. Laurent Nuñez a également annoncé le renforcement des unités mobilisées, en évoquant notamment le Raid, le GIGN, les brigades de recherche et d’intervention, des hélicoptères, des véhicules blindés et des engins lanceurs d’eau. À Paris, un nouveau couvre-feu est annoncé dans certains quartiers de 23 heures ce mardi à 6 heures mercredi. Celui de l’hypercentre de Lyon est reconduit de 21 heures à 6 heures. À Marseille, une restriction visant les mineurs doit entrer en vigueur dès ce mardi soir, de 22 heures à 5 heures, dans certains secteurs, notamment autour de centres commerciaux. D’autres communes des Bouches-du-Rhône sont également concernées.

Devant les députés, Sébastien Lecornu a reconnu des faiblesses dans le dispositif du week-end. Il a notamment évoqué des informations incomplètes des services de renseignement, une organisation trop statique à Paris et la question des effectifs disponibles.Les groupes politiques de l’Assemblée nationale se sont accordés sur le lancement d’une procédure visant à créer une commission d’enquête. Celle-ci doit examiner les violences et les pillages, mais aussi les conditions dans lesquelles le maintien de l’ordre a été assuré.

Sur le plan judiciaire, un suspect a été interpellé en Haute-Vienne dans l’enquête sur l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges. À Paris, une quarantaine de prévenus devaient comparaître ce mardi après-midi. Le parquet a augmenté les moyens consacrés à ces audiences.

La réponse gouvernementale suscite également de vifs échanges politiques. La France insoumise annonce vouloir saisir la Cour de justice de la République après des accusations de pressions sur les services de renseignement pour la mettre en cause. Laurent Nuñez dément avoir donné de telles consignes.

Enfin, au-delà des mesures de sécurité, le Premier ministre promet de premières annonces destinées aux lycéens en début de semaine prochaine, à l’issue de la consultation nationale engagée auprès d’eux.