« La fête est finie » : Éric Ciotti a donné le ton en présentant un plan de rigueur destiné à transformer en profondeur la gestion de la ville de Nice. Un mois après son élection, il affiche une volonté claire de rompre avec la mandature de Christian Estrosi, en dénonçant un train de vie municipal qu’il juge excessif et en promettant une gestion plus sobre. Pour illustrer ce changement, le nouveau maire a organisé sa conférence de presse devant une série de véhicules de fonction destinés à être vendus. Au total, 25 voitures sont concernées, dont plusieurs utilisées par l’ancien maire. Ce geste hautement symbolique vise à montrer la fin d’une époque et à incarner concrètement la politique d’économies annoncée.
Dans le même temps, Éric Ciotti prévoit une baisse significative de la fiscalité locale, à hauteur de 51,4 millions d’euros. Cette réduction se traduira par une diminution de 4,4 points de la taxe foncière et d’un point de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, permettant ainsi de revenir à un niveau de pression fiscale comparable à celui de 2023. Le maire met en avant un objectif simple : redonner du pouvoir d’achat aux Niçois. Pour compenser cette baisse de recettes, la municipalité entend réaliser plus de 60 millions d’euros d’économies par an. Les élus sont les premiers concernés, avec une baisse de leurs indemnités, atteignant 30 % à la métropole et plus de 12 % à la ville. Certains avantages sont également supprimés, comme le parking gratuit, les frais de représentation ou encore le dispositif de sécurité du maire. Les frais de déplacement seront réduits de moitié, dans une logique de rationalisation des dépenses. L’administration municipale est elle aussi dans le viseur. Un audit des 100 plus hautes rémunérations a été annoncé, celles-ci représentant à elles seules 14 millions d’euros. Plusieurs postes dépasseraient les 10 000 euros brut mensuels et certains cadres bénéficieraient de logements de fonction. L’objectif affiché est de revoir ces niveaux de rémunération et de limiter les avantages considérés comme excessifs.
Parallèlement, la municipalité met fin à certaines dépenses jugées superflues. Le magazine municipal sera supprimé, permettant une économie de 600 000 euros, tandis que les frais de réception seront divisés par deux. Le maire a également dénoncé des dépenses importantes dans des restaurants ou lors d’événements, citant notamment un dîner de gala ayant coûté 220 000 euros. Plusieurs événements emblématiques de la ville disparaîtront également, parmi lesquels l’Ironman, l’Ultra-trail et l’International de pétanque. Ces manifestations représentaient des coûts importants pour la collectivité, et la nouvelle majorité estime qu’elles n’étaient pas prioritaires ou faisaient doublon avec d’autres initiatives.
Enfin, Éric Ciotti souhaite revoir en profondeur la gestion des marchés publics. Il prévoit de faire appel à un spécialiste chargé de réduire les coûts des chantiers, avec un objectif de baisse de 5 %, soit environ 20 millions d’euros d’économies. Il entend également mettre fin aux dépassements budgétaires et aux avenants répétés, qu’il considère comme des dérives du système précédent. Certaines opérations passées sont pointées du doigt, le maire évoquant des surcoûts liés à une accélération des chantiers avant les élections, pour un montant estimé à 12 millions d’euros.
Avec ce plan, la nouvelle équipe municipale affiche une ligne claire : réduire les dépenses, alléger la fiscalité et mettre fin aux pratiques jugées excessives. Une orientation qui marque une rupture nette dans la gestion de la ville et qui devrait avoir des répercussions concrètes, tant pour les contribuables que pour le fonctionnement des services municipaux.