Manifestation à Nice : cinquante-neuf gardes à vue et une enquête sur les violences de l’ultradroite

Publié : 15h10

Manifestation à Nice : cinquante-neuf gardes à vue et une enquête sur les violences de l’ultradroite
Manifestation à Nice : cinquante-neuf gardes à vue et une enquête sur les violences de l’ultradroite
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La mobilisation du samedi 24 octobre a réuni jusqu’à 2 300 personnes à Nice malgré l’interdiction préfectorale. Au lendemain d’une journée marquée par des affrontements, le parquet fait état de 59 gardes à vue. Une enquête vise également les violences impliquant des membres présumés de l’ultradroite.Une semaine après les pillages du 17 octobre, le centre-ville niçois s’était préparé à une nouvelle journée de tensions. Rideaux métalliques baissés, vitrines protégées : de nombreux commerçants avaient pris leurs précautions. Aucun commerce n’a finalement été dégradé, selon le bilan communiqué par les autorités.Le dispositif de sécurité réunissait 600 policiers nationaux et gendarmes dans les Alpes-Maritimes, dont 450 à Nice, avec l’appui de plus de 300 policiers municipaux. Un blindé du RAID et un véhicule lanceur d’eau des CRS avaient également été positionnés. Le maire, Éric Ciotti, et le préfet, Jean-Marie Girier, se sont rendus place Masséna auprès des forces de l’ordre.Malgré l’interdiction, plusieurs cortèges ont traversé la ville. Depuis Masséna, les manifestants ont notamment circulé sur la Promenade des Anglais et dans le centre, puis vers Garibaldi et le port. Parmi eux, des lycéens, des étudiants, des actifs et des retraités, mobilisés contre la vie chère, l’extrême droite ou l’islamophobie, ainsi que pour les droits et les libertés. La préfecture a recensé jusqu’à 2 300 participants au plus fort du rassemblement.L’après-midi a été ponctué de dispersions et de regroupements. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes et du canon à eau, notamment boulevard Jean-Jaurès, pour bloquer l’accès à l’Hôtel de Ville.En fin de journée, des affrontements ont éclaté, notamment près de l’Hôtel des Postes et de la rue Alberti. Selon la préfecture, une centaine de militants d’ultradroite, le visage dissimulé, avaient rejoint le centre pour s’en prendre aux manifestants. Les forces de l’ordre sont intervenues pour séparer les groupes. Trois personnes légèrement blessées ont été secourues par les pompiers. Le dernier bilan communiqué fait également état de trois policiers blessés.Au total, 63 personnes ont été interpellées dans le département, dont deux à Cannes lors de contrôles. Parmi les personnes arrêtées, 59 ont été placées en garde à vue : 49 hommes et 10 femmes, dont neuf mineurs. Leurs âges vont de 15 à 48 ans. Selon le parquet de Nice, 39 n’étaient pas connues des services de police.Les procédures portent principalement sur des soupçons de participation à un groupe préparant des violences ou des dégradations. Deux personnes sont également mises en cause pour des violences contre des personnes dépositaires de l’autorité publique.Dimanche matin, quinze gardes à vue avaient pris fin. Les personnes concernées ont reçu une convocation devant le tribunal de police pour leur participation présumée à une manifestation interdite.Onze personnes soupçonnées d’appartenir à cette mouvance ont été arrêtées à bord de deux véhicules. Des masques, des gants, des bombes lacrymogènes et des matraques ont été retrouvés en possession de certaines d’entre elles. Cinq étaient déjà connues des services de police.Une enquête de flagrance distincte a été confiée aux services de police judiciaire des Alpes-Maritimes afin d’identifier les auteurs des violences aggravées commises dans le centre-ville. Le procureur de Nice, Damien Martinelli, a annoncé vouloir apporter une réponse pénale particulièrement ferme à ces faits..Dans les gares du département, environ 200 personnes qui souhaitaient rejoindre les rassemblements avaient par ailleurs été repoussées, selon la préfecture, notamment à Nice, Cannes et Saint-Laurent-du-Var. À Cannes, une quinzaine de manifestants sont restés rassemblés près de la gare, sans cortège.