Nice : 85 interpellations après les pillages et deux soirées de violences

Publié : 19 octobre 2026 à 15h57 - Modifié : 19 octobre 2026 à 16h00

Nice : 85 interpellations après les pillages et deux soirées de violences
Nice : 85 interpellations après les pillages et deux soirées de violences
Crédit : Nice : 85 interpellations après les pillages et deux soirées de violences

De nouvelles violences ont éclaté dimanche soir dans le centre de Nice, au lendemain des pillages commis en marge de la mobilisation du 17 octobre. Avenue Jean-Médecin, des tirs de mortiers d’artifice et des poubelles renversées sur les rails ont entraîné l’interruption de la ligne 1 du tramway. Plus de deux cents individus ont été repoussés par les policiers vers la gare Thiers. Aucun commerce n’a été touché lors de cette nouvelle soirée, qui s’est soldée par vingt-huit interpellations et vingt-cinq gardes à vue. Selon le bilan du week-end communiqué par le procureur de Nice, Damien Martinelli, quatre-vingt-cinq personnes ont été interpellées, dont trente-huit mineurs. De jeunes adultes ont été placés en détention provisoire. Une dizaine de personnes doivent être jugées en comparution immédiate ce lundi.
Samedi, une quinzaine de magasins de l’avenue Jean-Médecin ont été saccagés ou pillés. JD Sports, Decathlon, Foot Locker, Phone Case et Micromania figurent parmi les enseignes les plus touchées. Les pertes commerciales sont estimées à plusieurs millions d’euros. Les dégâts sur le mobilier urbain, notamment les arrêts de tramway, atteindraient quatre cent mille euros. La mobilisation avait réuni jusqu’à trois mille huit cents personnes, selon les autorités. Dix policiers ont été blessés, ainsi qu’une dizaine de manifestants. L’un d’eux a été grièvement touché en tentant de briser une vitrine à coups de pied. Des postes de police municipale ont également été visés et une caméra de surveillance détruite place des Amaryllis, dans le quartier des Moulins.
Le syndicat Alliance 06 dénonce des effectifs insuffisants, évoquant le départ d’une compagnie de CRS en renfort à Marseille. Le maire de Nice, Éric Ciotti, critique lui aussi le manque de moyens policiers et réclame un durcissement des sanctions concernant les mineurs délinquants et leurs parents.
D’autres affrontements ont été signalés dimanche soir à Paris, Lyon et Marseille. Le bilan national transmis fait état d’environ trois mille interpellations sur le week-end et de près de mille policiers et gendarmes blessés. Deux enquêtes de l’Inspection générale de la police nationale ont été ouvertes après les graves blessures de deux manifestants : une femme ayant perdu un œil à Mulhouse et une personne dont la main a été arrachée par une grenade à Saint-Étienne. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, est attendu ce lundi à Marseille. Il a reconnu un manque d’anticipation dans les moyens disponibles pour encadrer la manifestation. Une cellule de crise présidée par Sébastien Lecornu doit également se réunir. La prochaine journée de mobilisation intersyndicale est annoncée pour le 5 novembre.

Emmanuel Macron a appelé dimanche soir à distinguer les manifestants portant des revendications légitimes des auteurs de dégradations et de pillages. Lors de son allocution télévisée, le chef de l’État a annoncé que les préfets prendraient les mesures nécessaires pour protéger les villes. Certains rassemblements pourraient ainsi être interdits si la situation l’exige. Le président a également promis une réponse judiciaire ferme. Il souhaite que les responsables des destructions en assument les conséquences et que les auteurs de pillages remboursent les préjudices causés. Il a enfin affirmé que ceux ayant cherché à s’attaquer à la République devraient répondre de leurs actes.