Un ancien rhumatologue du golfe de Saint-Tropez accusé de viols sous soumission chimique

Publié : 9h57

Un ancien rhumatologue du golfe de Saint-Tropez accusé de viols sous soumission chimique
Un ancien rhumatologue du golfe de Saint-Tropez accusé de viols sous soumission chimique
Crédit : Un ancien rhumatologue du golfe de Saint-Tropez accusé de viols sous soumission chimique

Un médecin ayant exercé pendant près de 30 ans dans le golfe de Saint-Tropez est aujourd’hui au cœur d’une affaire judiciaire particulièrement sensible. Une patiente l’accuse de viols sous soumission chimique, des faits présumés qui auraient débuté en 2019. Une information judiciaire est actuellement en cours à Draguignan, tandis qu’une procédure disciplinaire a été engagée devant l’Ordre des médecins. À l’origine de l’affaire, une femme d’une quarantaine d’années, fragilisée par une maladie de la moelle épinière entraînant une invalidité de catégorie 2, elle affirme avoir vécu un véritable « parcours du combattant » depuis plusieurs années, tant sur le plan médical que judiciaire. Selon son récit, elle consulte ce rhumatologue en 2018 après son installation dans le Var, alors qu’elle se trouve en situation d’impasse thérapeutique. Le praticien lui aurait alors diagnostiqué une maladie incurable qui, selon elle, n’a jamais été confirmée par les analyses médicales. La relation entre la patiente et le médecin évolue à partir de 2019, dans un contexte que la plaignante décrit comme une « emprise médicale ». Elle explique qu’à cette période, bien qu’elle ne soit plus officiellement suivie en tant que patiente, le praticien continue de lui administrer des traitements dont elle ignore la nature exacte. Elle évoque des médicaments qu’il aurait lui-même rapportés de l’étranger, notamment des États-Unis, et qu’elle réglait en espèces. La quadragénaire affirme avoir été placée sous l’effet de substances altérant son discernement, évoquant notamment la possibilité de produits comme le GHB ou des opioïdes puissants. Elle décrit un état de confusion, de perte de contrôle et, progressivement, une forme de dépendance. Dans ce contexte, elle accuse le médecin d’avoir abusé d’elle à plusieurs reprises. Elle situe un point de bascule en septembre 2020, évoquant un rapport particulièrement violent qu’elle qualifie de « viol de trop », accompagné de faits d’étranglement. Elle affirme avoir alors craint pour sa vie. Quelques mois auparavant, en juin 2020, un enfant était né de cette relation qu’elle qualifie de non consentie. Selon elle, le médecin n’a jamais reconnu cet enfant ni accepté de se soumettre à un test de paternité. Une première plainte déposée en 2020 a été classée sans suite. La plaignante décide alors de relancer la procédure en 2022 en se constituant partie civile. Depuis, une instruction judiciaire est ouverte à Draguignan. En juillet 2025, une confrontation entre les deux parties a eu lieu, mais elle n’a pas permis de faire avancer significativement le dossier. La plaignante indique avoir été hospitalisée à la suite de cet échange, victime d’une syncope liée au stress.

Parallèlement à la procédure pénale, une audience disciplinaire s’est tenue le 14 mars dernier devant le conseil régional de l’Ordre des médecins d’Auvergne-Rhône-Alpes, région où le praticien exerce désormais. Les sanctions possibles vont du simple blâme à la radiation, mais aucune décision n’a encore été rendue à ce stade.

De son côté, l’avocat du rhumatologue conteste fermement l’ensemble des accusations, qu’il qualifie de « fantaisistes ». Il rappelle que son client n’a jamais été mis en examen et souligne que la première plainte a été classée sans suite faute d’éléments suffisants. Il estime également que la médiatisation de l’affaire intervient dans un contexte où la plaignante chercherait à relancer un dossier qui n’a, selon lui, pas abouti judiciairement. La défense précise enfin que le départ du médecin vers la région lyonnaise ne serait en aucun cas lié à cette affaire, mais relèverait d’un choix professionnel antérieur.

À ce stade, aucune décision de justice n’ayant été rendue, le praticien bénéficie de la présomption d’innocence.